13 déc. 2009

Je suis vert et permets des économies, qui suis-je?

Non! Je ne suis pas un vélo!
Premier indice : il faut adapter la taille de son sac à main afin de l'avoir toujours sur soi. Deuxième indice : il incite le consommateur à dénicher des boutiques méconnues sur l'île de Montréal et à revenir dans les plus connues. Troisième indice : grâce à lui, vous pouvez découvrir des centres de bien être. Quatrième et dernier indice : il s'intéresse aux produits écolo et surtout made in Québec.
Mon tout? Je coûte 20$ et je commence par "Guide", et je termine par "Conscience Verte"... le Guide Conscience Verte!
À retrouver dans les magasins répertoriés dans ce guide et sur internet (en cliquant sur le titre de cet article). Et ensuite, à vous les -10$, -25%, -50% et autre séance gratuite, grâce à des coupons à découper au gré de vos envies.
Petit bémol à cette bonne idée, tout de même... Les lieux répertoriés sont classés par quartier et par nom, il manque un index "par style". Peut-être la prochaine édition?

8 déc. 2009

La tuerie de Polytechnique interroge encore

"J'haïs les féministes", c'est la phrase lancée par Marc Lépine le 6 décembre 1989 à l'école Polytechnique de Montréal avant d'assassiner 14 femmes.
Doctorante en sociologie, Mélissa Blais a choisi de s'intéresser à l'impact de cette tuerie dans la société québécoise. Son mémoire est désormais un livre, il est sorti le 1er décembre dans les librairies*. La sociologue y analyse cet événement dans la mémoire collective. Pour Mélissa, ceux qui veulent expliquer cet acte "mettent souvent de côté le discours féministe qui voit dans la tuerie un geste anti-féministe, et qui rappelle l'intention politique du tueur. Au lendemain de la tuerie, on disait souvent que c'était le geste d'un fou. Aujourd'hui, vingt ans plus tard, il est plus difficile d'évacuer le caractère misogyne du crime. Mais ce qui persiste à travers le temps, c'est la difficulté de voir que c'est un geste qui ciblait des féministes avant tout".

Marie-Josée Potvin est aujourd'hui ingénieure à l'agence spatiale canadienne. En 1989, cette mère de famille était étudiante à Polytechnique, et a vu des amies mourir. Son témoignage répond à l'analyse de Mélissa Blais sur la tuerie de Poly. Marie-Josée y voit surtout un événement souffrant.



*"J'haïs les féministes. Le 6 décembre 1989 et ses suites", de Mélissa Blais. Aux éditions du Remue-Ménage.

6 déc. 2009

Rassemblement contre les violences faites aux femmes


Environ 300 personnes se sont rassemblées dimanche 6 décembre à Montréal, pour commémorer les 20 ans de la tuerie de Polytechnique. Le 6 décembre 1989, 14 femmes étaient assassinées par Marc Lépine. Sept ans plus tard, en 1995, le Canada décidait la mise en place d'un registre des armes à feu. Registre qui oblige les propriétaires d'armes à feu à s'enregistrer. Aujourd'hui, le gouvernement conservateur de Stephen Harper envisage de supprimer ce registre. Ceux qui se sont battus pour que cet outil existe font savoir qu'entre 1995 et 2005, le nombre de morts par balle est passé de 1125 à 818 au Canada.


La Gazette des femmes

Si la question féministe vous intéresse alors La Gazette des femmes est faite pour vous où que vous soyez dans le monde!
Désormais consultable en ligne gratuitement, ce magazine québécois qui fête ses trente ans, propose ce mois-ci un dossier sur : "Maman et féministe: union possible?".
Allez voir de plus près en cliquant ici ou sur le titre de l'article.

Bonne lecture!

4 déc. 2009

Trois questions à Alexa Conradi, présidente de la Fédération des Femmes du Québec

Des cérémonies sont organisées ce week end à Montréal pour commémorer les 20 ans de la tuerie de Polytechnique. Des conférences et des rassemblements pour se souvenir, et pour faire le point sur l'égalité des sexes aujourd'hui au Québec. Dans les textes, la femme est l'égale de l'homme. Dans la pratique, c'est un peu plus compliqué.
Vu de France, avec "Ni Putes Ni Soumises" ou les "Chiennes de garde", la province du Québec fait l'effet d'un endroit très avancé sur cette question.

- TM : On peut avoir l'impression que tout est réglé ici... Est-ce le cas?
- Alexa Conradi : C'est vrai qu'on a fait des avancées importantes depuis 50 ans. Le mouvement féministe a réussi à faire bouger les choses en matière de droit notamment. C'est vraiment au plan légal que nous avons atteint l'égalité. Mais dans les faits, il y a encore des éléments systémiques qui jouent contre nous. Que ce soit la violence faite aux femmes, l'inégalité des salaires, la possession de la richesse ou l'accès à des postes de pouvoir, il y a encore énormément de thématiques sur lesquelles nous devons parvenir à l'égalité.
- TM : Est-ce que croire que tout est réglé rend ce combat plus difficile?
- AC : Tout a fait. Lorsqu'on entend régulièrement "Mesdames ça suffit, vous avez atteint l'égalité, pourquoi est-ce que les féministes existent encore?" Eh bien ça nous place dans une position où nous avons à défendre le fait d'exister, avant de pouvoir discuter des enjeux concrets sur lesquels nous travaillons. C'est un discours qui banalise les réalités qui existent encore et nous sommes loin d'être une société égalitaire accomplie. Dans certains pays du monde, il n'y a pas de législation qui protège les droits des femmes, mais les racines des problèmes sont souvent similaires. C'est vrai qu'il y a des situations très graves pour les femmes dans le monde, mais ça ne veut pas dire que parce que c'est grave ailleurs, il ne faut pas reconnaître les problèmes qui existent ici.
- TM : Qu'est ce qui reste à faire au Canada?
- AC : Nous n'avons pas une grande revendication, comme à l'époque où nous demandions le droit de vote. Aujourd'hui, il faut préciser les choses. Pour régler le problème de la violence faite aux femmes, on a besoin d'un changement de mentalité. Lorsqu'on parle par exemple de violences conjugales et homicides, de ne pas parler de "drame familial", mais de le nommer comme une violence faite aux femmes. Ça, ce serait un bon départ. On a aussi besoin de questionner les publicités sexistes, qui provoquent chez les femmes une haine de leur corps et parfois un sentiment d'infériorité. La lutte contre la pauvreté aussi, ce sont les femmes qui travaillent en bas de l'échelle. Il faudrait augmenter le salaire minimum. Il faut aussi s'attaquer à l'exclusion des femmes immigrantes sur le marché du travail : 30% d'entre elles occupent des postes qui ne correspondent pas à leur niveau d'éducation.
Autant dire qu'il y a encore beaucoup de travail.

2 déc. 2009

Des femmes et décembre

Longtemps avant de venir immigrer au Québec, j’avais entendu parler de l’aura féministe des Québécoises. Naïvement, je me disais, le regard biaisé par les images d’Épinal : «Dans un pays de bûcherons, il est évident que les femmes ont dû se battre pour prendre leur place et se faire entendre… Et puis, il faut de la hargne pour sortir du giron de l’Église catholique et du foyer». Pour moi cela pouvait expliquer la présence toujours et encore d’actualité des féministes sur le devant de la scène au Québec. Pendant ce temps, en France, avec la récupération des idées féministes par certains partis politiques, on n’en parle plus beaucoup, à tort d’ailleurs.
Jusqu’ici, jamais je ne m’étais questionnée sur les événements qui avaient pu marquer l’histoire du féminisme ici, au Québec, ni sur les batailles ou sur les lois imposées de haute lutte…Et puis en cette année 2009 resurgit un triste événement, dont tout le monde parle, féministe ou non, homme ou femme : la tuerie de Polytechnique.
>Le 6 décembre 1989, en fin d'après-midi, un homme armé est entré dans l'École polytechnique de Montréal et a tiré sur des jeunes femmes. Il en a tué 14 et en a blessé autant en hurlant « J’haïs les féministes!». Outre l’émoi provoqué, qui se ressent encore de façon intense vingt ans plus tard, cette tuerie a influencé de façon durable les rapports homme/femme au Québec. Les commémorations organisées pour l’occasion interrogent justement ces rapports et le rôle joué par cette tragédie dans la place qu’occupent les femmes dans la société québécoise d’aujourd’hui.
En décembre nous promènerons donc nos plumes et nos regards sur cet état de faits et attirerons le vôtre sur plusieurs reportages qui y seront liés de près ou de loin. Cependant ne vous inquiétez pas, nous saurons aussi être légères à l’approche des fêtes, en tentant de vous convertir à nos nouvelles lubies et en vous faisant découvrir quelques petites astuces pour fêter Noël de façon inédite et éco-responsable.
Joyeuses fêtes à tous et bonne lecture!

Reprendre pied

Quelque part dans le quartier Saint-Michel à Montréal, Les Maisons de l’Ancre est un organisme qui vient en aide aux femmes en difficultés. Anonyme, à l’abri des regards, ou plutôt en pleine lumière, tellement commun qu’il ressemble à tous les autres, le bâtiment qui héberge l’organisme propose neuf places en foyer et deux en appartement dit « satellite». Le long des couloirs étroits à l'ambiance feutrée et paisible, on croise de temps à autre des pensionnaires. Discrètes, effacées, les femmes qui habitent là ont parfois l'air de fantômes et quelle que soit leur apparence physique, elles donnent l'impression d'être petites, fragiles et craintives à l'approche d'un visiteur étranger. « Les dames que nous hébergeons ici ont quasiment toutes été victimes de violences conjugales de façon directe ou indirecte, explique Diane Fortin la directrice du lieu. Soit elles ont été violentées par leur conjoint, soit elles ont assisté dans leur enfance à ce genre de scènes et souffrent des conséquences qui en découlent ». Anorexie, boulimie, troubles de la personnalité, itinérance...Une chose est sûre, qu'on ait levé ou non la main sur elles, ces femmes-là sont meurtries.
Faire le choix de s'en sortir
Chaque pensionnaire a un «crédit-temps» de deux ans au foyer. Elle peut rester trois mois et repartir si elle en a envie, si la pente à remonter est trop raide, si elle replonge dans la drogue ou si tout va mieux et qu'elle a repris pied plus vite que prévu. «Nous ne sommes pas là pour faire la morale, poursuit la directrice. On les accompagne dans leur prise de conscience, elles gardent leur pouvoir de décision sur tout, mais pour tout le temps où elles restent ici, elles doivent être motivées et s'impliquer dans le foyer et dans leur changement de vie». La mission principale des Maisons de l'Ancre est de permettre aux pensionnaires de se réinsérer dans la société. « Bien souvent quand elles arrivent ici, elle n'ont plus de repères. Elles se négligent, elles dorment le jour…On les aide à retrouver un quotidien et les habiletés qui vont avec, comme l’hygiène personnelle, l’entretien du logement, les activités extérieures de socialisation… ». Et pour que les résidentes du foyer ne deviennent pas dépendantes de l'organisme, elles suivent des ateliers dans d'autres associations du quartier: yoga, nutrition, comment faire son budget, comment sortir de l'endettement...Ce qui leur permet aussi de se faire de nouveaux amis, de prendre part à la vie du quartier. «Notre approche, se veut humaniste et féministe, insiste Diane Fortin. Et chaque intervenante reçoit une formation spécifiquement féministe. Mais ce que nous voulons transmettre par ce biais-là, au-delà d'une idéologie et de revendications, ce sont des valeurs comme l'estime de soi, le respect et nous voulons aussi leur apprendre à prendre leur place dans la société et à se faire respecter.»
À l'abri des étiquettes
L'autre mission des Maisons de l'Ancre est de protéger les femmes qui viennent y trouver refuge. Les dix personnes qui travaillent dans l’organisme restent discrètes quant à la localisation du foyer et prennent bien soin de donner à l’endroit l’apparence d’une habitation banale pour ne pas éveiller la curiosité parfois mal placée des riverains. « Nous nous devons d’être hypervigilants pour protéger nos pensionnaires de toute personne qui pourrait vouloir leur nuire, insiste la directrice, comme un mari violent ou les membres d’un gang pour qui elles se prostituaient… ». L’anonymat les protège aussi du jugement d’autrui, de la pitié, du regard désapprobateur qu’on pourrait facilement poser sur leur apparence, leur style… Il protège aussi et surtout de l’étiquette « Femme en difficulté » qu’on leur poserait rapidement sur le front en les voyant sortir de là, cette étiquette qui marque et qui blesse souvent la peau de façon plus durable qu’un coup.

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