13 déc. 2009

Je suis vert et permets des économies, qui suis-je?

Non! Je ne suis pas un vélo!
Premier indice : il faut adapter la taille de son sac à main afin de l'avoir toujours sur soi. Deuxième indice : il incite le consommateur à dénicher des boutiques méconnues sur l'île de Montréal et à revenir dans les plus connues. Troisième indice : grâce à lui, vous pouvez découvrir des centres de bien être. Quatrième et dernier indice : il s'intéresse aux produits écolo et surtout made in Québec.
Mon tout? Je coûte 20$ et je commence par "Guide", et je termine par "Conscience Verte"... le Guide Conscience Verte!
À retrouver dans les magasins répertoriés dans ce guide et sur internet (en cliquant sur le titre de cet article). Et ensuite, à vous les -10$, -25%, -50% et autre séance gratuite, grâce à des coupons à découper au gré de vos envies.
Petit bémol à cette bonne idée, tout de même... Les lieux répertoriés sont classés par quartier et par nom, il manque un index "par style". Peut-être la prochaine édition?

8 déc. 2009

La tuerie de Polytechnique interroge encore

"J'haïs les féministes", c'est la phrase lancée par Marc Lépine le 6 décembre 1989 à l'école Polytechnique de Montréal avant d'assassiner 14 femmes.
Doctorante en sociologie, Mélissa Blais a choisi de s'intéresser à l'impact de cette tuerie dans la société québécoise. Son mémoire est désormais un livre, il est sorti le 1er décembre dans les librairies*. La sociologue y analyse cet événement dans la mémoire collective. Pour Mélissa, ceux qui veulent expliquer cet acte "mettent souvent de côté le discours féministe qui voit dans la tuerie un geste anti-féministe, et qui rappelle l'intention politique du tueur. Au lendemain de la tuerie, on disait souvent que c'était le geste d'un fou. Aujourd'hui, vingt ans plus tard, il est plus difficile d'évacuer le caractère misogyne du crime. Mais ce qui persiste à travers le temps, c'est la difficulté de voir que c'est un geste qui ciblait des féministes avant tout".

Marie-Josée Potvin est aujourd'hui ingénieure à l'agence spatiale canadienne. En 1989, cette mère de famille était étudiante à Polytechnique, et a vu des amies mourir. Son témoignage répond à l'analyse de Mélissa Blais sur la tuerie de Poly. Marie-Josée y voit surtout un événement souffrant.



*"J'haïs les féministes. Le 6 décembre 1989 et ses suites", de Mélissa Blais. Aux éditions du Remue-Ménage.

6 déc. 2009

Rassemblement contre les violences faites aux femmes


Environ 300 personnes se sont rassemblées dimanche 6 décembre à Montréal, pour commémorer les 20 ans de la tuerie de Polytechnique. Le 6 décembre 1989, 14 femmes étaient assassinées par Marc Lépine. Sept ans plus tard, en 1995, le Canada décidait la mise en place d'un registre des armes à feu. Registre qui oblige les propriétaires d'armes à feu à s'enregistrer. Aujourd'hui, le gouvernement conservateur de Stephen Harper envisage de supprimer ce registre. Ceux qui se sont battus pour que cet outil existe font savoir qu'entre 1995 et 2005, le nombre de morts par balle est passé de 1125 à 818 au Canada.


La Gazette des femmes

Si la question féministe vous intéresse alors La Gazette des femmes est faite pour vous où que vous soyez dans le monde!
Désormais consultable en ligne gratuitement, ce magazine québécois qui fête ses trente ans, propose ce mois-ci un dossier sur : "Maman et féministe: union possible?".
Allez voir de plus près en cliquant ici ou sur le titre de l'article.

Bonne lecture!

4 déc. 2009

Trois questions à Alexa Conradi, présidente de la Fédération des Femmes du Québec

Des cérémonies sont organisées ce week end à Montréal pour commémorer les 20 ans de la tuerie de Polytechnique. Des conférences et des rassemblements pour se souvenir, et pour faire le point sur l'égalité des sexes aujourd'hui au Québec. Dans les textes, la femme est l'égale de l'homme. Dans la pratique, c'est un peu plus compliqué.
Vu de France, avec "Ni Putes Ni Soumises" ou les "Chiennes de garde", la province du Québec fait l'effet d'un endroit très avancé sur cette question.

- TM : On peut avoir l'impression que tout est réglé ici... Est-ce le cas?
- Alexa Conradi : C'est vrai qu'on a fait des avancées importantes depuis 50 ans. Le mouvement féministe a réussi à faire bouger les choses en matière de droit notamment. C'est vraiment au plan légal que nous avons atteint l'égalité. Mais dans les faits, il y a encore des éléments systémiques qui jouent contre nous. Que ce soit la violence faite aux femmes, l'inégalité des salaires, la possession de la richesse ou l'accès à des postes de pouvoir, il y a encore énormément de thématiques sur lesquelles nous devons parvenir à l'égalité.
- TM : Est-ce que croire que tout est réglé rend ce combat plus difficile?
- AC : Tout a fait. Lorsqu'on entend régulièrement "Mesdames ça suffit, vous avez atteint l'égalité, pourquoi est-ce que les féministes existent encore?" Eh bien ça nous place dans une position où nous avons à défendre le fait d'exister, avant de pouvoir discuter des enjeux concrets sur lesquels nous travaillons. C'est un discours qui banalise les réalités qui existent encore et nous sommes loin d'être une société égalitaire accomplie. Dans certains pays du monde, il n'y a pas de législation qui protège les droits des femmes, mais les racines des problèmes sont souvent similaires. C'est vrai qu'il y a des situations très graves pour les femmes dans le monde, mais ça ne veut pas dire que parce que c'est grave ailleurs, il ne faut pas reconnaître les problèmes qui existent ici.
- TM : Qu'est ce qui reste à faire au Canada?
- AC : Nous n'avons pas une grande revendication, comme à l'époque où nous demandions le droit de vote. Aujourd'hui, il faut préciser les choses. Pour régler le problème de la violence faite aux femmes, on a besoin d'un changement de mentalité. Lorsqu'on parle par exemple de violences conjugales et homicides, de ne pas parler de "drame familial", mais de le nommer comme une violence faite aux femmes. Ça, ce serait un bon départ. On a aussi besoin de questionner les publicités sexistes, qui provoquent chez les femmes une haine de leur corps et parfois un sentiment d'infériorité. La lutte contre la pauvreté aussi, ce sont les femmes qui travaillent en bas de l'échelle. Il faudrait augmenter le salaire minimum. Il faut aussi s'attaquer à l'exclusion des femmes immigrantes sur le marché du travail : 30% d'entre elles occupent des postes qui ne correspondent pas à leur niveau d'éducation.
Autant dire qu'il y a encore beaucoup de travail.

2 déc. 2009

Des femmes et décembre

Longtemps avant de venir immigrer au Québec, j’avais entendu parler de l’aura féministe des Québécoises. Naïvement, je me disais, le regard biaisé par les images d’Épinal : «Dans un pays de bûcherons, il est évident que les femmes ont dû se battre pour prendre leur place et se faire entendre… Et puis, il faut de la hargne pour sortir du giron de l’Église catholique et du foyer». Pour moi cela pouvait expliquer la présence toujours et encore d’actualité des féministes sur le devant de la scène au Québec. Pendant ce temps, en France, avec la récupération des idées féministes par certains partis politiques, on n’en parle plus beaucoup, à tort d’ailleurs.
Jusqu’ici, jamais je ne m’étais questionnée sur les événements qui avaient pu marquer l’histoire du féminisme ici, au Québec, ni sur les batailles ou sur les lois imposées de haute lutte…Et puis en cette année 2009 resurgit un triste événement, dont tout le monde parle, féministe ou non, homme ou femme : la tuerie de Polytechnique.
>Le 6 décembre 1989, en fin d'après-midi, un homme armé est entré dans l'École polytechnique de Montréal et a tiré sur des jeunes femmes. Il en a tué 14 et en a blessé autant en hurlant « J’haïs les féministes!». Outre l’émoi provoqué, qui se ressent encore de façon intense vingt ans plus tard, cette tuerie a influencé de façon durable les rapports homme/femme au Québec. Les commémorations organisées pour l’occasion interrogent justement ces rapports et le rôle joué par cette tragédie dans la place qu’occupent les femmes dans la société québécoise d’aujourd’hui.
En décembre nous promènerons donc nos plumes et nos regards sur cet état de faits et attirerons le vôtre sur plusieurs reportages qui y seront liés de près ou de loin. Cependant ne vous inquiétez pas, nous saurons aussi être légères à l’approche des fêtes, en tentant de vous convertir à nos nouvelles lubies et en vous faisant découvrir quelques petites astuces pour fêter Noël de façon inédite et éco-responsable.
Joyeuses fêtes à tous et bonne lecture!

Reprendre pied

Quelque part dans le quartier Saint-Michel à Montréal, Les Maisons de l’Ancre est un organisme qui vient en aide aux femmes en difficultés. Anonyme, à l’abri des regards, ou plutôt en pleine lumière, tellement commun qu’il ressemble à tous les autres, le bâtiment qui héberge l’organisme propose neuf places en foyer et deux en appartement dit « satellite». Le long des couloirs étroits à l'ambiance feutrée et paisible, on croise de temps à autre des pensionnaires. Discrètes, effacées, les femmes qui habitent là ont parfois l'air de fantômes et quelle que soit leur apparence physique, elles donnent l'impression d'être petites, fragiles et craintives à l'approche d'un visiteur étranger. « Les dames que nous hébergeons ici ont quasiment toutes été victimes de violences conjugales de façon directe ou indirecte, explique Diane Fortin la directrice du lieu. Soit elles ont été violentées par leur conjoint, soit elles ont assisté dans leur enfance à ce genre de scènes et souffrent des conséquences qui en découlent ». Anorexie, boulimie, troubles de la personnalité, itinérance...Une chose est sûre, qu'on ait levé ou non la main sur elles, ces femmes-là sont meurtries.
Faire le choix de s'en sortir
Chaque pensionnaire a un «crédit-temps» de deux ans au foyer. Elle peut rester trois mois et repartir si elle en a envie, si la pente à remonter est trop raide, si elle replonge dans la drogue ou si tout va mieux et qu'elle a repris pied plus vite que prévu. «Nous ne sommes pas là pour faire la morale, poursuit la directrice. On les accompagne dans leur prise de conscience, elles gardent leur pouvoir de décision sur tout, mais pour tout le temps où elles restent ici, elles doivent être motivées et s'impliquer dans le foyer et dans leur changement de vie». La mission principale des Maisons de l'Ancre est de permettre aux pensionnaires de se réinsérer dans la société. « Bien souvent quand elles arrivent ici, elle n'ont plus de repères. Elles se négligent, elles dorment le jour…On les aide à retrouver un quotidien et les habiletés qui vont avec, comme l’hygiène personnelle, l’entretien du logement, les activités extérieures de socialisation… ». Et pour que les résidentes du foyer ne deviennent pas dépendantes de l'organisme, elles suivent des ateliers dans d'autres associations du quartier: yoga, nutrition, comment faire son budget, comment sortir de l'endettement...Ce qui leur permet aussi de se faire de nouveaux amis, de prendre part à la vie du quartier. «Notre approche, se veut humaniste et féministe, insiste Diane Fortin. Et chaque intervenante reçoit une formation spécifiquement féministe. Mais ce que nous voulons transmettre par ce biais-là, au-delà d'une idéologie et de revendications, ce sont des valeurs comme l'estime de soi, le respect et nous voulons aussi leur apprendre à prendre leur place dans la société et à se faire respecter.»
À l'abri des étiquettes
L'autre mission des Maisons de l'Ancre est de protéger les femmes qui viennent y trouver refuge. Les dix personnes qui travaillent dans l’organisme restent discrètes quant à la localisation du foyer et prennent bien soin de donner à l’endroit l’apparence d’une habitation banale pour ne pas éveiller la curiosité parfois mal placée des riverains. « Nous nous devons d’être hypervigilants pour protéger nos pensionnaires de toute personne qui pourrait vouloir leur nuire, insiste la directrice, comme un mari violent ou les membres d’un gang pour qui elles se prostituaient… ». L’anonymat les protège aussi du jugement d’autrui, de la pitié, du regard désapprobateur qu’on pourrait facilement poser sur leur apparence, leur style… Il protège aussi et surtout de l’étiquette « Femme en difficulté » qu’on leur poserait rapidement sur le front en les voyant sortir de là, cette étiquette qui marque et qui blesse souvent la peau de façon plus durable qu’un coup.

23 nov. 2009

Tête de Yogi



"Je vais t’écrire mon deuxième prénom aussi, sinon, les gens croient que je suis un homme". Pourtant, quand on rencontre Rocio Judith Machorro, c’est sa féminité qui saute aux yeux. Rocio nous reçoit dans son studio. Assise dans la position du lotus, ses longs cheveux noir tombant sur son dos, la professeure de yoga nous regarde au fond des yeux, toujours avec bienveillance. Une bienveillance qui ne la quitte pas lorsque débute son cours de yoga. "J’ai des besoins très particuliers et c’est que je cherche chez mes élèves. C’est très important, car les besoins individuels sont souvent négligés dans notre société, mais je crois qu’il est possible de les exprimer en groupe". C’est pour ça que chacun de ses cours est différent. "Pendant ma première année d’enseignement, en 2002, j’ai enseigné le Ashtanga yoga à la lettre, mais j’ai réalisé que ça me rendais malheureuse. Depuis, je sors du cours classique, je me suis réconciliée avec ma nature rebelle".
Têtue... et libre
Professeure de français seconde langue au Mexique, Rocio arrive au Québec en 1991. "J'enseignais le français depuis 10 ans mais je n'étais jamais allée dans un pays francophone. Un jour, un ami m'a parlé de Montréal et du Québec. Je n'y avais jamais pensé! Pourtant c'est sur le même continent que le Mexique, et ça m'a paru possible, contrairement à la France et l'Europe, où c'est un océan qu'il faut traverser". Rocio postule alors à une bourse pour venir à l'université de Montréal. Elle la décroche, et la voilà qui s'envole vers Montréal, pour trois mois. Elle postule ensuite à une seconde bourse, pour six mois cette fois. Et très vite, la Bélier ascendant Bélier qu'elle est décide de rester dans cette ville qu'elle adore. Rocio décide de faire venir ses deux filles, alors toutes petites. "J'aime beaucoup Montréal. C'est francophone, et puis la vie est vraiment très agréable. Quand tu sors du centre ville, les gens sont détendus, les voitures s'arrêtent pour te laisser traverser!" Son premier hiver à Montréal? "C'était vraiment fou toute cette neige!"
La difficulté de vivre avec la douleur
A Montréal, Rocio est d’abord libraire pendant 15 ans. "La spiritualité m’a toujours intéressé. Travailler dans cette librairie a été un moyen d’apprendre beaucoup, de lire toute sorte de livres sur la méditation et la spiritualité".
A 48 ans, Rocio en paraît 10 de moins. Son dos, lui, est fragile. "J’ai toujours eu mal au dos. Depuis l’adolescence, je souffre d’une scoliose lombaire, au point d’avoir eu des crises pendant lesquelles je ne pouvais pas marcher". Alors Rocio a exploré. Danse contemporaine dans une troupe pendant 10 ans, une autre décennie d’arts martiaux, natation intensive pendant 4 ans… Et toujours ces crises. Petit à petit, alors que ses deux filles entrent dans l’adolescence, Rocio fait du yoga sans même le savoir. Lors d’une crise, elle reste clouée au lit pendant deux semaines. Très occupée par ses activités, "je me suis dit qu’il fallait que je reste plus chez moi, avec mes filles". Rocio cherche alors comment s’appelle cet art où elle fait des postures et des étirements qui la soulagent. "J’ai toujours fait des recherches spirituelles parce que c’est difficile de vivre avec la douleur. Avec le yoga, j’ai trouvé ce qui me fait du bien. Je ressens mon corps de l’intérieur, je respire dans mes douleurs". Les crises qui l’empêchaient de marcher ont disparu. Le yoga aujourd’hui, elle en vit. Et il lui fait du bien.

20 nov. 2009

Sauvez la planète, sauvez les femmes

 Le Fonds des Nations Unies pour la population a rendu, le 18 novembre dernier, son rapport sur l'état de la population en 2009. Ce rapport arrive à la conclusion suivante: désormais pour réussir, les accords internationaux concernant le climat devront nécessairement prendre en compte la dynamique de la population humaine. En d'autres termes, les émissions de gaz à effets de serre ne concernent pas que les grosses industries polluantes régulièrement montrées du doigt, mais bien chaque être humain qui se déplace, achète, mange et ...se reproduit. "Le ralentissement de la croissance démographique aiderait à rendre les sociétés capables de résister aux impacts des changements climatiques, apprend-on dans le rapport, et contribuerait à une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’avenir". Cette dimension humaine doit être prise en compte d'autant plus sérieusement qu'elle ne se trouve pas qu'en amont du problème "effet de serre" mais aussi en aval. En effet, le réchauffement climatique amplifie les catastrophes climatiques qui ont des effets de plus en plus dévastateurs sur les populations.
L'égalité des sexes peut sauver la planète
Selon ce rapport il est donc indispensable, pour lutter contre le réchauffement climatique, de diminuer le nombre de naissances. D'après la thèse avancée par la Conférence internationale de 1994 sur la population et le développement (CIPD) l'accès à la contraception n'est pas le seul facteur qui entre en jeu.  Les autres facteurs qui doivent lui être associés pour que cette baisse de la natalité se fasse de façon naturelle sont: une meilleure éducation des filles et l’égalité des sexes, deux combats loin d'être terminés.
Depuis le temps qu'on vous le dit que la femme est l'avenir de l'Homme...


Sources: unfpa.org, cyberpresse.ca, lemonde.fr




16 nov. 2009

Tête de croisé

Il présente bien Michel Lizotte. Costume bleu, cravate assortie, chiffres et statistiques choisis, il se présente comme un « journaliste, auteur ». Mais quand il commence à parler de son expérience « d’animateur d’une session de formation adressée à des parents », ça se gâte. Rien qu’à l’intitulé de cette « formation », il y a de quoi sauter de sa chaise (ou vomir son petit-déjeuner, déjeuner, et dîner de la veille) : « Aider mon enfant à développer son potentiel hétérosexuel ». Développer son potentiel hétérosexuel.
Pour donner du poids à sa « thèse », Michel Lizotte explique qu’il a un Bac en journalisme, qu’il a obtenu ses diplômes au Québec, et qu’il est donc un vrai journaliste, « garde-fou » dans une société qui refuse de parler « de la réalité des ex-gais ». Car d’après Lizotte, « l’orientation sexuelle peut être changée avec un taux de succès assez significatif chez les personnes motivées ». Et de comparer ce taux de réussite avec l’arrêt du tabac ou l’arrêt de l’alcool.
Inutile d’aller plus loin, surtout lorsque quelques minutes plus tard, alors que vous pensiez avoir atteint le summum de l’obscurantisme, Michel Lizotte vous explique que la science prouvera peut être un jour qu’il existe un gène de l’homosexualité.
Un discours nocif.
Nocif, puisqu’il joue sur la corde sensible des parents. Oui, tous les parents souhaitent voir leurs enfants grandir dans une société qui les accepte comme ils sont. Oui, dans une société qui peine à accepter l’homosexualité, découvrir son homosexualité peut être vécu dans la souffrance, parce que nous vivons dans une société « hétérosexiste ».
Faire croire à des parents qu’il est « possible de rectifier certains comportements », c’est dangereux, voire criminel. Le taux de suicide plus élevé chez les jeunes homosexuels que chez les autres pourrait s’aggraver avec ce type de discours.

14 nov. 2009

32%

Cette semaine, Moisson Montréal, la plus grande banque alimentaire du Canada, a rendu public son "Bilan faim 2009". Il s'agit d'un portrait de la pauvreté et de l'utilisation des comptoirs alimentaires. Durant l'année qui vient de s'écouler, 12 252 ménages montréalais ont eu recours à l'aide alimentaire au moins trois fois par mois, soit une hausse de 32% par rapport à 2008.
39 605 enfants bénéficient mensuellement de cette aide alimentaire et représentent le tiers des personnes aidées. Les autres catégories de population les plus touchées sont les aînés et les travailleurs avec un seul revenu.
Cette année pour de nombreux Montréalais, le recours à l'aide alimentaire est passé d'une solution de dépannage à une solution permanente.

13 nov. 2009

Des voix dans les ténèbres, d’Andrew Coburn

L’histoire se déroule dans une banlieue chic de Boston. Les personnages évoluent comme dans une pièce de théâtre dans des belles maisons, tous aussi perdus les uns que les autres. Il y a l’homme d’affaires odieux et haineux, qui refuse de parler de la mort de sa fille quelques années plus tôt. Son épouse, qui ne se remet pas de la perte de sa petite fille chérie, et qui voit ses deux fils comme des porcs immondes. Il y a aussi le flic qui a perdu sa femme, et qui n’arrive pas à renouer avec l’amour. Il s’amourache quand même d’une ex-journaliste mariée à un séduisant avocat, qui accepte très vite la mort de son fils, un adolescent à la santé fragile. Il y a aussi cette femme qui hait le temps qui passe puisqu’il se lit sur son visage et sur les courbes de son corps. Et puis il y a cet ancien d’Harvard, devenu clochard, qui erre dans les rues de cette banlieue chic. Au flic, il se présente comme un tueur à gage spécialisé dans les enfants.

11 nov. 2009

Bienvenue chez nous lecteur!

Mets-toi à l’aise, ôte tes chaussures, pose ta veste, prends un thé et viens voir avec nous, voir un peu plus loin...
De la fraîcheur, de la surprise … Nous te proposons une autre actualité, en faisant défiler sous tes yeux notre regard sur la vie, sur la ville. Sortons du chemin tout tracé, perdons-nous un peu, arrêtons-nous sur un détail.
Ici, cher lecteur, on choisit. On ne prend pas de raccourcis. On choisit de parler de ce qui nous paraît nouveau, étonnant, audacieux et humain, surtout humain.
Des (mont)réalités plurielles, des échos, des portraits, des aventures authentiques, des sujets avec du sel, du poivre et des tas d’épices qui se marient et donnent parfois des saveurs surprenantes.
Notre regard sera multiple : 4 yeux, 2 cerveaux et 20 doigts en alerte. Nous lâcherons la bride à nos plumes pour qu’elles s’expriment, qu’elles s’épanouissent.
Et tout ça pour tes beaux yeux, lecteur… Ouvre les grands!
Lison et Typhaine

Tintin en joual…Ça fait jaser!

Depuis sa sortie, le 20 octobre dernier, le premier album de Tintin en québécois, Colocs en stock, (directement adapté du Coke en stock d’Hergé) a fait couler beaucoup d’encre et rarement pour récolter des éloges. Proposé à plusieurs reprises par le sociologue québécois Yves Laberge aux éditions Casterman, le projet a fini par séduire et le « traducteur » a eu carte blanche pour remplir les bulles du célèbre reporter belge. Malheureusement l’accueil populaire a été plus que froid de ce côté-ci de l’Atlantique. « Ridicule », « grotesque », « farce monumentale », les 62 pages ont déclenché l’ire des tintinophiles et des (nombreux) défenseurs de la langue française, donnant lieu à de multiples diatribes souvent dignes du Capitaine Haddock.
Que reproche-t-on à Yves Laberge?
« Une traduction infidèle », « un abus de vocabulaire passéiste », « une sur-joualisation » des dialogues… La liste est longue. Mais le reproche que l’on retrouve le plus souvent dans la bouche ou sous la plume des Québécois reste le suivant : « Yves Laberge pense-t-il que la majorité des Québécois n’est pas capable de comprendre la version originale en français? ». Loin d’être fiers comme les Chtis et les Alsaciens de voir exister leur patois dans la bouche de ce personnage mondialement connu, les Québécois se sentent insultés. Peu considèrent comme Yves Laberge qu’il s’agit là « d’une célébration de la langue française telle qu’on la vit de nos jours au Québec ». Interrogé à ce sujet, Benoît Mélançon, directeur du département des littératures de langue française à l’Université de Montréal souligne d’abord le manque flagrant de rigueur de l’ouvrage : « Un même mot peut apparaître plusieurs fois, parfois même sur la même page, sous des orthographes différentes, explique-t-il pour commencer. Et puis cette conception de la langue est très archéologique, déconnectée de la réalité linguistique contemporaine ». Le joual, comme il est présenté par Yves Laberge n’a donc pas voix au chapitre. Pourtant, Les Belles-soeurs de Michel Tremblay, avaient su trouver en leur temps (la fin des années 1960) un public et beaucoup de soutien.
Quelle est donc la différence?
Outre la surprise, le contexte soixante-huitard y est pour beaucoup selon Benoît Mélançon. « La polémique avait été beaucoup plus violente en 1968, explique-t-il. À cette époque personne n'avait jamais entendu pareille «langue» sur une scène de théâtre à Montréal. Le choc avait été considérable. Cela faisait partie d'un mouvement de contestation sociopolitique beaucoup plus large et relevait de ce mythe d'une langue propre au Québec. Aujourd'hui, je ne vois personne qui se réclame du «joual».  Depuis plusieurs années, ce débat me paraît clos. » Quoi qu’il en soit, il semble que le succès marketing de Colocs en stock ne se démente pas, lui. Depuis sa sortie, l’album controversé est classé parmi les meilleures ventes de BD au Québec, juste derrière le Livre d’or d’Astérix qui, du fin fond de son village gaulois, sait mieux s’attirer en ce moment les faveurs des Québécois…
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